Notre carnet de voyage à Lanzarote
Jour 1
Après un vol sans histoire de quatre heures, occupés à regarder quelques épisodes d’une série téléchargée sur l’ordinateur, nous atterrissons à Lanzarote. Nous récupérons rapidement nos bagages et nous partons faire la queue devant les guichets de Cicar, notre loueur de voitures. Comme déjà à Tenerife où nous étions passés par la même compagnie, les formalités sont rapides, et on ne nous fait aucune pression pour acheter des assurances complémentaires. L’après-midi est déjà largement entamé. En route vers celle qui sera notre maison pour la durée de notre séjour, nous faisons un arrêt à un supermarché que nous repérons non loin de l’aéroport, pour acheter quelques provisions, et nous voilà partis. Nous avons choisi un appartement à Tinajo, un village à l’est du parc national de Timanfaya. La traversée de l’île se fait rapidement, la route est bonne et la circulation fluide. Les propriétaires nous attendaient et nous font visiter l’appartement. Aucune mauvaise surprise, il correspond parfaitement aux photos vues sur Internet. Il est parfait pour un couple comme nous.
Après nous être installés, nous ressortons faire un tour dans le village, et en profitons pour manger au Malpeis, qui produit sa propre bière artisanale, un bon hamburger.
Retour à la maison, nous sommes claqués, nous ne tardons pas à nous coucher.
Jour 2
Départ tout en douceur ce matin.
Nous allons tout d’abord visiter le petit musée d’histoire de Lanzarote à Arrecife, qui se trouve dans le castello de San Gabriel, un petit fortin qui avance dans la mer.

La caisse est en panne, du coup on ne paie pas notre entrée. D’ordinaire, c’est 3e par personne. Le musée est tout petit. A l’entrée, un homme explique en différentes langues aux visiteurs l’intérêt ou la thématique des salles qu’il contient. Chacune est toute petite, et principalement composée de grands panneaux en espagnol et illustrés. En quelques minutes, on se fait rapidement une idée de l’île sur laquelle on se trouve : un univers hostile, volcanique, où les hommes survivent grâce à la pêche, mais où les conditions de vie sont difficiles. Une fois le décor planté, nous rejoignons à pied, à environ 2 km de là, un autre fortin qui abrite le Musée d’art contemporain, le Castello de San Jose. Comme ce musée fait partie des 6 attractions ou « centres » d’intérêt compris dans le Pass, nous en profitons pour nous le procurer à la caisse. Plus encore que les œuvres, pourtant loin d’être inintéressantes, c’est le cadre qui m’a particulièrement plu. Je trouve que l’architecture de ce fortin, fait de lave volcanique, confère une chaleur et un charme certain à l’ensemble. Bêtement, au bout de deux salles, nous pensions la visite terminée, et nous nous étonnons du peu d’œuvres exposées. Et puis, avant de partir, nous nous rendons aux toilettes, situées en bas, dans la salle de restaurant. Bien nous en a pris, car la visite se poursuit en fait en bas, avec quelques œuvres accrochées dans la salle du restaurant, et surtout sur la gauche, après une porte en verre qu’il suffit de pousser. La visite se termine, comme au castello san Gabriel, sur un toit-terrasse qui offre une large vue sur les environs, et en particulier sur le port tout proche.
Pour rejoindre notre voiture, nous longeons à pied la lagune Charco de San Gines. Ensuite, nous partons à quelques km de là, au Jardin de Cactus, une réalisation de l’artiste local César Manrique.

Il s’agit en fait d’une sorte de grand amphithéâtre entièrement planté de différentes sortes de cactus.
L’endroit est magnifique, et réalisé avec beaucoup de goût. Je m’y sens tout de suite bien. Il faut dire que j’adore les cactus, et que j’en ai toute une collection à la maison.

Comme beaucoup de monde, nous montons au moulin, mais il n’offre pas beaucoup d’intérêt à mes yeux.

Nous finissons notre visite sur la petite terrasse bien agréable qui surplombe le site. Corto consulte son portable. Il vient de recevoir une excellente nouvelle qui nous remplit tous les deux de joie.
Il est 17h, le site ferme.
Nous reprenons la route vers le nord, passons Arrieta, et nous nous arrêtons à la Punta Mujeres, des piscines naturelles où nous nous baignons plein d’allégresse.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons faire quelques courses, puis nous rentrons, tout contents de cette première journée.
Demain, nous entrons vraiment dans le vif du sujet, puisque nous avons réservé une randonnée guidée avec un ranger dans le Parc National de Timanfaya.
Jour 3
Ce matin, on a mis le réveil à sonner, car nous avons rendez-vous un peu avant 9h30 au bout du village de El Golfo, pour une marche guidée dans le parc de Timanfaya, la « Coastal route from El Golfo ». C’est le seul moyen autorisé pour marcher dans le parc de Timanfaya. Cette marche est gratuite, mais limitée à 6 personnes seulement, et organisée environ 2 fois par semaine, à réserver impérativement sur Internet, un mois avant la date de la balade prévue. Nous sommes deux, une famille anglaise de 4 personnes constituera le reste du groupe. On se met en route à l’heure prévue. On laisse notre voiture sur le parking, et toute la petite troupe monte dans une fourgonnette du parc. On roule lentement sur des pistes, et, tout en conduisant, la ranger, Petra, une femme d’origine allemande adorable et très bavarde, nous donne déjà tout un tas d’explications sur le parc, sa faune, sa flore, sa formation…

On s’arrête très vite pour laisser passer une outarde ; un peu plus loin, on admirera un faucon déployant ses ailes dans le ciel. Puis ce sera des explications sur la végétation, bien maigre, du parc. Arrivés à la Playa del Passo, on s’arrête et tout le monde descend.

Le petit groupe se dirige vers la plage, pour observer les crabes, rouges et d’autres beiges, quelques coquillages, et Petra nous donne encore des explications sur la vie animale du parc, et les façons de la préserver. C’est passionnant.

On se met ensuite en marche sur un sentier fait de gros sables volcaniques. Rien de difficile dans cette marche. Très souvent Petra s’arrête pour commenter un phénomène, une formation, ou nous donner encore des explications. Tout se fait en anglais, mais il est très facile de la comprendre. Plus encore que la marche à proprement parler dans le parc de Timanfaya, c’est la façon que Petra a eu de nous déciller, de nous montrer ce qu’il y a à voir dans ce désert de lave qui pour moi n’était qu’un vaste champ de lave qui m’a surtout intéressé.


Sûr qu’à présent, nous entreprendrons nos balades à venir avec un autre regard sur l’environnement qui nous entoure.
Petra est bavarde, et nous rejoindrons El Golfo et notre voiture au moins une heure après l’heure prévue. Mais ce n’est pas grave, on n’est pas pressé, ce sont les vacances après tout.
Nous sortons le pique-nique que nous avons pris soin d’emporter avec nous, nous allons manger sur la plage de lave en face de nous. On est au calme. On profite.
Ensuite, nous reprenons la voiture jusqu’au bout du village de El Golfo, et nous nous arrêtons pour jeter un œil à la lagune verte. Le ciel est couvert, elle ne resplendit pas, mais elle est d’un vert bien prononcé.

C’est donc la bonne heure pour l’observer sans qu’elle soit à l’ombre. Nous reviendrons prochainement pour essayer de la voir mieux éclairée par le soleil.
En route pour la Fondation Manrique, Corto s’aperçoit soudain qu’elle ferme à 15h. Mince, il est 14h45, et bêtement, je n’ai pas pris soin de vérifier au préalable ses horaires d’ouverture. Je me suis fiée à celles du Jardin de Cactus d’hier. Nous changeons donc nos plans sur le champ, et remettons cette visite à plus tard. Direction Teguise et son centre historique.

Après nous être garés, nous nous retrouvons sur une vaste place et ses ruelles adjacentes, toute blanche, et bordée de boutiques proposant des produits plus ou moins artisanaux. Je me laisse tenter par un petit souvenir, puis nous repartons finir la journée au bord de la playa Caleta de Famara, une des plus belles plages de l’île et des plus sauvages. Quand on arrive, le vent souffle fort. Le drapeau est rouge, et les surfeurs s’en donnent à coeur joie.

Beaucoup de surfeurs, des tout jeunes et des moins jeunes, des enfants avec leur bodyboard, et d’autres visiblement bien plus expérimentés. Rien à voir avec notre petite plage d’hier, toute petite avec son sable noir. Ici, la plage est grande, effectivement pleine de charme, bordée de dunettes et recouverte d’un sable jaune très fin et très agréable sous les pieds. Elle est aussi beaucoup plus fréquentée.

A part les surfeurs, personne ne se baigne, il fait trop froid, personne non plus pour prendre un bain de soleil (caché). Juste des promeneurs. Je suis sous le charme. Je n’imaginais pas une telle plage à Lanzarote. On reviendra un de ces soirs en profiter davantage avec une météo plus favorable. En attendant, on va manger un bon plat de poissons dans le village attenant. Ici, c’est le même plat qu’on retrouvera à plusieurs endroits : des poissons grillés, des moules, des coquillages, des crevettes, calamar et poulpe, à se partager à deux. C’est copieux et très bon.
Jour 4
Ce matin, nous avons rendez-vous sur la place de Yaiza pour notre seconde randonnée guidée dans le parc de Timanfaya : la Route Tremesana depuis Yaiza. C’est Mauro qui nous servira de guide aujourd’hui, un Italien, géophysicien de formation. Il inspecte nos passeports plus attentivement qu’un douanier, mais se révèlera très sympa et plein d’humour. Nous partons cette fois davantage à l’intérieur du parc que la veille, où nous avions suivi la côte. Les paysages sont magnifiques, très sauvages, complètement désert. Bienvenue sur Mars !


Mauro nous donne un tas d’informations scientifiques sur la formation des volcans, leur composition, schéma à l’appui, ce qui rend son discours à la fois captivant et très pédagogique.

Une fois encore, nous rentrons enchantés de cette balade, très différente de la précédente, mais complémentaire et tout aussi intéressante. Comme la veille, le groupe des anglophones (le nôtre) monte dans une fourgonnette et part au point de départ de notre randonnée, celui des hispanisants se dirige vers son arrivée. Sur le sentier, les guides échangeront leur clé, pour pouvoir nous ramener à Yaiza où nous avons laissé notre voiture sans avoir à faire la marche arrière. C’est très bien organisé. Comme la veille, notre groupe n’est composé que de 6 personnes, des Allemands cette fois, ce qui rend les conditions de la balade très agréables.

Après la balade, nous faisons un petit tour à Yaiza, dont le centre est tout mignon.
Nous profitons ensuite d’être tout près pour aller parcourir quelques routes qui traversent la Geria, la zone où est cultivée la vigne.

Le mode de culture local nous a fortement rappelé celui que nous avions vu aux Açores : pour les protéger du vent, les paysans entourent les pieds par des murets de pierre de lave, ce qui crée un paysage très original, et qui n’a rien à voir avec nos paysages de vignobles. Avant de prendre la route LZ30 à l’est d’Uga le long de laquelle se trouvent plusieurs bodegas, nous nous arrêtons à Femes acheter un bon fromage de chèvre frais. Les Bodegas donnent la possibilité de goûter au vin produit dans l’île , et bien sûr d’en acheter. L’aspect touristique de la chose est évident, mais permet toutefois de se faire une idée du genre de vin produit sur place.
Presque au croisement de la LZ30 et de la LZ56 se dresse le volcan Cuervo.



Nous nous garons sur le parking aménagé le long de la route, et nous nous lançons. Rien de difficile, la marche nous amène au fond du cratère du volcan.


Il est immense et impressionnant. Je crois bien que c’est la première fois que je me promène ainsi au fond d’un volcan aussi grand. Nous nous contenterons de la balade au fond du cratère, et nous ne ferons pas le tour de la caldera.

Nous finissons la journée en retournant à la plage de Caleta de Famara qui m’avait tant plu la veille. Aujourd’hui, il fait plus beau, mais les baignades restent interdites, sauf aux surfeurs, qui sont toujours aussi nombreux. On passe un bon moment à la longer, les pieds dans l’eau, et à observer les surfeurs.
Jour 5
La journée sera consacrée à l’exploration du nord de l’île. Et nous comptons bien en profiter pour visiter la Fondation Manrique, que nous n’avons pas pu voir l’avant-veille. Du coup, en femme avisée, j’en profite pour jeter un oeil aux horaires d’ouverture des différents sites prévus pour aujourd’hui. Ils ferment tôt. Par précaution, nous préférons donc enchainer d’abord ces visites avant d’entreprendre les randonnées du jour, pour lesquelles nous ne sommes pas bloqués par des horaires d’ouverture.
Départ donc pour être à l’ouverture, c’est-à-dire à 10h, à la Fondation Manrique.

Il s’agit d’une maison réalisée et organisée par l’artiste et l’architecte Manrique. Dès l’entrée, on comprend immédiatement que l’on ne va pas avoir affaire à une maison traditionnelle. Place ici à une maison surréaliste, entièrement structurée autour de la pierre de lave, et que l’artiste en personne a réellement habitée. Et c’est très réussi.

On visite le salon, le patio, les « bulles » de différentes couleurs. Tout est harmonieux et disposé avec goût. Je suis complètement sous le charme. Pour tout dire, j’ai a-do-ré ! On a même refait la visite une seconde fois, dans la foulée (ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais).
Quelques km plus loin, nous nous rendons au Jameos del Agua, une autre réalisation de Manrique. J’ai peur d’être déçue. Même si on reconnait la patte du maître, il ne s’agit plus ici d’une maison, mais d’un lac où nagent de tout petits crabes blancs.


A chaque extrémité de ce lac, des « espaces verts » où il est possible de se poser le temps d’une boisson ou d’un snake. L’extrémité par où l’on sort est clairement disposée pour faire salle de réception. Là encore, je suis séduite. Je n’ai pas envie de quitter cet endroit, je vais et je viens dans chaque coin et recoin. Dehors, complètement inattendue, on tombe ensuite sur une magnifique piscine aux eaux turquoise. Je me serais bien baignée, et je suis sûre que je ne suis pas la seule. Mais évidemment, c’est interdit. On découvre alors un auditorium incroyable, dans la lave. Une pure merveille. On s’assoit un moment et on savoure le lieu. Dommage qu’aucun spectacle ne soit donné en ce moment, ce doit être fascinant et unique. Autant les peintures, et dans une moindre mesure les sculptures réalisées par Manrique ne soulèvent pas mon enthousiasme (disons que j’aime bien, sans plus), autant ses réalisations architecturales me transportent.
Mais bon, l’heure tourne et il nous faut quitter ce lieu, pour nous rendre vraiment tout près, à la Cueva des Verdes. Rien à voir avec Manrique, puisqu’il s’agit d’un tunnel de lave d’environ 7km dont on visite, impérativement en groupe et avec un guide, un km environ. On nous explique alors les différents minerais qui composent la pierre volcanique, et les spécificités de ce tunnel. On a déjà eu la chance de recevoir ces explications la veille lors de notre balade guidée avec Mauro, et on a eu l’occasion de visiter un tunnel de lave aux Açores. Cette visite n’est donc pas totalement innovante pour nous, mais elle reste tout à fait intéressante, instructive, et assez originale.

La visite s’achève face à un immense gouffre creusé dans le tunnel qui réserve aux visiteurs une surprise (que je ne dévoilerai pas ici, pour ne pas déflorer le plaisir des futurs visiteurs).
Dernière visite du jour, le mirador del Rio, à quelques km de là : pour la troisième fois de la journée, on va pouvoir découvrir une œuvre différente de Manrique, ici, un point de vue organisé face à l’île de Graciosa.

Immédiatement, on reconnaît la signature du maître dans l’agencement des lieux : les poteries, les banquettes, les différents types de plantes… et surtout, une vue imprenable sur l’île. C’est tout simplement beau.

Bien sûr, il y a un point de vue, gratuit, à quelques km de là, mais ce n’est pas la même chose.

Nos visites terminées, on part se dégourdir les jambes en empruntant la petite route, étroite, qui part immédiatement à gauche au bout du parking, face à l’entrée du Mirador. C’est sur elle aussi que se trouve le mirador (point de vue) gratuit. Peu après, sur la droite, on s’engage sur quelques mètres sur une petite route étroite et recouverte de pierres de lave. On roule doucement et on se gare. Au bout du parking, on se lance en suivant le sentier. Impossible de se tromper, il n’y en a qu’un. Le but de cette randonnée est de rejoindre la plage située juste en contrebas, la Playa del Risco, par un sentier qui descend assez raide à flanc de montagne.

Le sentier est bien tracé, mais à mon sens pas adapté aux familles accompagnées d’enfants, car il est constitué de pierres de lave qui roulent sous les semelles.

Chaussures de marche impérative ! Il nous faudra presque une heure pour la descente, et autant pour la remontée. Bêtement, nous sommes partis avec une seule bouteille d’eau déjà entamée pour nous deux, et clairement, ce n’était pas suffisant, surtout qu’il fait chaud, et qu’il est illusoire de penser pouvoir se mettre un peu à l’ombre.
En bas, on longe la belle plage de sable blond et très fin, et on rejoint les salines.

Bien crevés après cet effort, nous finissons la journée sur le port d’Ortoza, autour d’une bonne assiette de poissons grillés… en remettant à un autre jour l’ascension du volcan Corona. On est trop fatigué pour cela aujourd’hui, et surtout, il est trop tard, le soleil se couche déjà.

On a d’ailleurs assisté à un magnifique coucher de soleil, et très bien pu observer le phénomène de rayon vert.
Jour 6
Aujourd’hui, c’est dimanche, et nous partons pour le petit village, tout proche, de Mancha Blanca où se tient un marché local sur la place de l’église. Très exactement neuf stands de vendeurs, de fruits et légumes principalement, sont installés là – je les ai comptés, alignés contre un mur. Les produits ne sont pas vraiment beaux, il n’y a pour ainsi dire personne, aucune ambiance, rien. Je suis un peu déçue, pour tout dire. Nous ne nous attardons pas et mettons le cap un peu plus loin sur la caldera Blanca. On se gare en bas du village, sur un petit parking, le long d’une route non revêtue, mais bien carrossable. Et c’est parti pour 4 bonnes heures de marche.

L’approche se fait sur un sentier qui serpente à travers une mer de lave. On arrive tout d’abord à un premier cratère, de taille assez modeste, où les locaux cultivaient autrefois des céréales. Le sentier se poursuit, contourne pour partie la Montana Blanca et se met à grimper assez raide le long de son flanc. En regardant vers la mer, on perçoit très nettement la différence entre les coulées de lave des différentes époques : la jaune, du moins la plus claire, pour les coulées les plus anciennes, la noire pour la plus récente. Partout, ce n’est que lave, plus ou moins foncée. Au sommet s’offre une vue imprenable sur la caldera du volcan, immense.

On décide alors de marcher le long de la lèvre supérieure du cratère, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, ce qui permet d’avoir une autre vue sur le paysage environnant que sur le sentier d’approche : ici, ce sont les masses noires des volcans du parc de Timanfaya qui s’offrent au regard. On en perçoit à la fois leur nombre élevé et leur masse, et on comprend mieux comment cette partie de l’île a pu se retrouver entièrement sous la lave lors de l’éruption de ces volcans. On se sent tout petit à côté de ces forces de la nature, et ça rend modeste.
J’ai trouvé la descente moins fatigante que l’aller.
De retour au parking, on fait le point et on décide de repartir vers le nord de l’île pour aller voir le volcan Corona que l’on n’a pas eu le temps de voir hier. En route, nous sommes soudain pris de somnolence, au point que l’on doit s’arrêter un petit moment pour se reposer.


Sans doute l’effet du soleil, qui tape fort, même si l’on ne s’en rend pas forcément compte avec le petit vent qui souffle en permanence et rafraîchit agréablement.
On se gare à côté de l’église de Yé, tout à côté du départ du sentier pour le volcan Corona. Comme l’île est presque entièrement recouverte de pierre de lave, il est presque impossible de se garer où l’on veut, un peu partout, comme on y est habitué. Du coup, chaque soir, je repère sur MapsMe, mon GPS préféré, le parking le plus proche de nos départs de randonnée. Après notre marche de ce matin, nous n’allons pas nous lancer dans une randonnée trop ambitieuse. Nous nous contentons donc de monter jusqu’au bord du volcan de la Corona, sans en faire le tour comme ce matin.
Le trajet est beaucoup plus court, environ une heure aller-retour. Et la vue est déjà très belle.
Nous finissons la journée un peu plus au nord, sur la plage de la Canteria, juste à l’ouest d’Ortoza.


Il s’agit d’une belle plage de sable fin et jaune, que nous parcourons tranquillement avant de rentrer nous reposer.
Jour 7
Lever plus tardif que prévu ce matin. Du coup, nous remettons à demain notre visite du parc de Timanfaya, et nous partons pour une journée « bord de mer ». On chausse nos tongs et nos sandales, et nous voilà partis.
On commence par retourner à El Golfo voir la lagune verte, cette fois-ci sous un beau soleil. Il est presque midi, aucune ombre ne vient s’obscurcir, elle est bien verte.
Ensuite, nous redescendons la côte tout au long de la journée. L’arrêt suivant sera donc pour Los Hervideros, où, quand la météo est favorable, c’est-à-dire bien agitée, la mer vient s’engouffrer entre des rochers qui bordent la côte et crée une sorte de tourbillon. Aujourd’hui, les vagues sont assez fortes, mais on reste quand même loin du tourbillon.
Ensuite, on se rend aux Salines del Janubio, dont j’avais repéré les belles couleurs sur Internet.


On ne les a pas visitées, on s’est contenté de les photographier des différents points de vue, bien indiqués le long de la route. Et on part pique-niquer tout près, c’est-à-dire sur la plage del Janubio, juste devant la lagune et les salines. C’est une très belle plage de sable noir, très peu fréquenté lors de notre passage.

On se pose, on se repose et on passe un bon moment à lézarder au soleil. Nous sommes pour ainsi dire les seuls. Mais c’est quand même sur nous, pauvres innocentes victimes isolées, qu’une mouette a choisis pour venir faire ses petits besoins. C’est pas comme s’il n’y avait pas de place ailleurs… On ne se baigne pas, les vagues sont trop fortes. La côte de ce côté de l’île est très belle : des rochers noirs, du soleil, une mer turquoise écumante… On reprend la voiture, on descend encore un peu la côte, et on entre dans le parc de Papagayo, magnifique, après s’être acquitté des droits d’entrée.

La route goudronnée laisse place à une piste très carrossable. On se gare sur le parking de la plage Mujeres, et on rejoint à pied la plage Papagayo en passant de criques en criques le long de la côte.

C’est très joli, facile et agréable. La marche dure environ 30 mn. Arrivés sur la plage de Papagayo, fréquentée, mais dans une mesure qui reste très supportable, on ne résiste plus et on se met immédiatement à l’eau.

La plage est plus abritée, et la mer beaucoup plus calme aussi. L’eau est bonne, sans être chaude. On y reste un bon moment, on savoure le plaisir de se rafraîchir ainsi après s’être fait griller sous les rayons ardents du soleil. Pour prolonger le plaisir, on décide de prendre un verre au bar/restaurant qui surplombe la plage. L’accueil est détestable. Vexés, on n’insiste pas et on s’en va. Le retour ne nous prendra pas plus de temps que l’aller.


Et on part assister au coucher du soleil à la punta del Janubio.



Mais ce soir, les nuages sont de la partie, il n’y aura pas de rayon vert. On finit la journée au restaurant, autour d’un bon plat de poissons à nouveau (on adore ça !) pas bien loin de chez nous, à La Santa. C’était bon, pas bien cher, et la préparation en sauce changeait un peu de celle à laquelle on s’était presque habitué.
Jour 8
Ce matin, on veut être à l’ouverture au PN de Timanfaya pour éviter d’avoir à faire la queue pour visiter le parc en bus (la seule façon de le visiter, sinon avec les promenades guidées, comme nous l’avons fait au début de notre séjour).

Grand bien nous en a pris, car très vite, la foule arrive. Mais nous sommes suffisamment à l’heure pour n’avoir aucune attente et monter dans le premier bus. Certes c’est touristique, mais très bien organisé. L’entrée est comprise dans notre Pass. Une fois arrivé au parking, on nous dirige vers un bus. On monte et quelques minutes à peine plus tard, on démarre.




Les paysages défilent, plus magnifiques les uns que les autres. Le bus roule doucement, et s’arrête dans quelques endroits particulièrement beaux, mais malgré cela, il reste difficile de faire des photos, car il est interdit de descendre du car, les arrêts sont de très courte durée, et surtout, les reflets de la vitre rendent la prise de photo malaisée.


Durant le parcours, une bande-son diffuse des informations en espagnol, anglais et allemand. Mais franchement, aucune importance si vous ne comprenez rien, ce qui compte, ce sont les paysages.

Je vous conseille de vous asseoir plutôt sur la droite dans le bus, la vue y est plus impressionnante et vous serez globalement mieux placés lors des arrêts du car. Une trentaine de minutes plus tard, le car nous dépose à nouveau sur le parking.


La foule a eu le temps d’arriver, la queue des visiteurs est longue pour monter dans les cars, et les groupes se bousculent sur l’esplanade. Impossible de rater les deux animations que deux rangers accomplissent pratiquement en continu : l’un dépose quelques broussailles dans un trou creusé dans le sol, qui s’enflamment immédiatement. L’autre verse un seau d’eau dans les profondeurs du sol, et elle ressurgit en un grand geyser. C’est touristique, mais on se prend facilement au spectacle. On les a même regardées chacune deux fois ! Bref, un très bon moment, à ne surtout pas manquer, surtout que les paysages que vous verrez lors de ce tour sont indiscutablement parmi les plus beaux de l’île.

Ensuite, on se rend à quelques km de là, au Visitor Center, gratuit. Une grande exposition, très bien faite et très pédagogique, donne de nombreuses explications sur la formations des différents volcans et sur les spécificités de Lanzarote. On en profite aussi pour regarder les deux films d’environ 20 mn chacun qui apporte leur lot d’explications supplémentaires. Pour bénéficier de la traduction en français, il faut apporter ses propres écouteurs, avec une prise jack. Il n’y a rien à dire, c’est vraiment bien fait, et ce serait dommage de s’en priver. Les enfants aussi semblaient beaucoup apprécier leur visite.
L’après-midi, on se rend au sud de l’île, à Playa Blanca, pour gravir la Montaña Roja, qui se situe en face de l’hôtel Rubicon Palace. Pour se garer, on contourne légèrement le volcan pour être tout près du début du sentier.


Le fond du cratère est couvert de sortes de graffitis en pierres, c’est plutôt sympa et la marche est facile, et nous a pris une heure et demi environ.
On reprend alors la voiture et on se rend au début de la LZ56, presque en face du volcan Cuerdo dont on a visité le cratère au début de notre séjour, pour faire le tour de la montana Colorada. Ce volcan ne se gravit pas, mais on en fait le tour facilement en 1h30 environ. Les panneaux informatifs qui se succèdent le long du parcours sont très intéressants. La langue rouge qui s’écoule du cratère est remarquable, et est très caractéristique de ce volcan.





Pour finir la journée, on se rend à la playa de la Madera, sur la côte au nord de là où on loge, et on profite de notre dernière soirée au bord de l’eau.
