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ESCAPADE A BILBAO ET AUX GROTTES D’ALTAMIRA

 

 

Quelques jours avant la rentrée, nous voici repartis pour une escapade à Bilbao. Ce sera uniquement un séjour mère/fils. L’occasion pour moi de passer quelques jours privilégiés en compagnie de Maximilien, que je ne vois plus tant que cela depuis qu’il est étudiant. 

Mais après des semaines de confinement, nous n’avons pas du tout envie de rester cantonnés en ville. Avec Max, nous partageons la même passion pour l’art pariétal. Donc direction la célèbre grotte d’Altamira et ses peintures rupestres. La visite de quelques autres grottes en Cantabrie et Asturies, elles aussi classées au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, est aussi au programme : il s’agit des grottes de Covalanas, d’El Castillo, et de Tito Bustillo. 

Comme nous ne disposons que de quelques jours, j’ai loué une voiture pour plus de liberté et de facilité, repéré l’itinéraire et nos principales étapes sur l’application MapsMe, et nous voilà partis. 

Comme vous l’avez compris, ce séjour ne sera pas du tout consacré à la plage ni à la randonnée. Exit aussi Pico de Europa. Ce sera l’occasion de revenir une autre fois. 😉

 

Bilbao et la Plaza Nueva 

 

Après un vol sans histoire sur la compagnie Vueling qui effectue des liaisons sans escale entre Paris et Bilbao, nous filons directement en centre-ville.  3 stations de bus plus tard, nous voilà arrivés. 

Première surprise depuis le hublot de l’avion : la région est très vallonnée, sans doute les contre-coups de la chaîne des Pyrénées, et surtout très verte. De très nombreux chemins semblent sillonner la région. 

Après avoir déposé nos affaires à l’hôtel, nous repartons immédiatement. Il fait doux dehors. Ce soir, nous avons décidé de faire un dîner de tapas, ou plus précisément de pintxos, la version basque des tapas. Pour cela, direction la célèbre plaza Nueva, une agréable place carrée bordée de galeries, où se sont installés cafés et restaurants. Les places en terrasse sont chères et prises d’assaut. En attendant qu’une table se libère, nous partons faire un petit tour dans la vieille ville, histoire de se faire une première impression.

 

 

C’est mignon. Nous sommes immédiatement saisis par l’ambiance espagnole : les gens s’interpellent à haute voix, déambulent tranquillement dans les rues, et surtout sont installés un verre à la main. Il est 20h, l’heure de l’apéro. 

Nous retournons plaza Nueva, et parvenons tant bien que mal à trouver une place pour nous asseoir. Pour nous ce soir, ce sera beignets de morue, thon pimenté, chorizo tout aussi relevé, assortiment de tortillas et jambon espagnol. 

Bienvenue en Espagne ! 

 

Visite du Guggenheim

 

Ce que je préfère à l’hôtel, c’est bien souvent le petit-déjeuner. Pouvoir passer en quelques minutes de mon lit à une table bien mise sans rien avoir à faire ! Ma préférence va à la qualité des produits servis, plutôt qu’à leur quantité. Très logiquement, je préfère donc un buffet à base de produits frais locaux, idéalement « faits maison ». 

Mais ce matin, Covid exige, exit le beau buffet prometteur repéré sur Internet. Dès notre arrivée dans la salle à manger, nous sommes conduits à une table et on nous demande ce que nous souhaitons. Heu… mais on a le choix entre quoi et quoi ? Devant notre air perplexe, le serveur nous propose oeuf, toast, jambon, jus d’orange, fruits. Nous acquiesçons. Tout nous arrive très rapidement, mais les portions servies sont vraiment toute petites. Il faut demander pour en avoir davantage. Deux petits thermo, un de café, l’autre d’eau chaude, sont posés sur la table. Leur contenance est de tout juste une tasse. Là encore, il faut demander pour être resservi. Nous n’osons pas… En entrant dans la salle, il me semblait bien avoir aperçu des gâteaux. Mais à aucun moment on ne nous en propose. Me serais-je trompée ? 

Quelques minutes plus tard, nous nous levons et nous apprêtons à quitter la salle du petit-déjeuner quand j’aperçois une assiette pleine de petits gâteaux au chocolat. Miam ! Mais tant pis pour nous, je devrais me contenter de les regarder, il est trop tard pour nous, nous avons terminé de petit-déjeuner. Pourquoi le serveur ne nous les a-t-il pas proposés ? Et pourtant, ce gâteau à lui seul aurait fait mon bonheur. Je sais, je suis gourmande ! 

C’est donc rassasiés, mais avec un sentiment de frustration, que nous remontons dans notre chambre chercher nos affaires. Dommage… 

 

La journée sera consacrée au Guggenheim. C’est pour la visite de ce musée que nous avons décidé de rester une journée à Bilbao. 

Le Guggenheim est l’oeuvre de Frank Gehry. On retrouve d’ailleurs sa « patte » dans l’architecture et l’agencement du Musée d’art moderne de San Francisco et de la Fondation Louis Vuitton à Paris. 

La visite commence par l’atrium, surmonté d’une verrière en forme de fleur qui lui apporte un flot de lumière. Passerelles et ascenseurs sont disposés tout autour, et conduisent aux différentes salles. Etonnamment, toutes les surfaces sont curvilignes. Les courbes sont donc la forme dominante de cette architecture. 

 

 

La visite commence par l’oeuvre monumentale de Richard Serra, « La matière du temps ». On déambule tranquillement autour et à l’intérieur de ces gigantesques installations. Le temps semble suspendu. 

Puis on monte d’abord au 3e étage, avant de terminer par le 2e étage : l’art contemporain est à l’honneur. Plusieurs oeuvres retiennent tout particulièrement mon attention. Parmi les plus célèbres, on peut admirer celle de Rothko, ou d’Yves Klein. 

 

La visite se poursuit à l’extérieur, avec les fleurs métalliques et colorées, ou encore le Puppy fleuri de Jeff Koons, ou devant la sculpture étrangement dénommée « Maman » de Louise Bourgeois. Difficile aussi de ne pas voir le Grand arbre et l’oeil, aux nombreux reflets, de l’artiste Anish Kapoor. 

 

Après cette visite et avoir déambulé dans les rues de la vieille ville, nous nous rendons chez le loueur pour prendre possession de notre voiture et aller dormir dans une auberge réservée sur Internet, à quelques minutes de notre première visite du lendemain. 

 

Visite des grottes de Covalanas et El Castillo

 

Après un petit-déjeuner maison, nous quittons notre auberge pour notre première visite du jour, la grotte de Covalanas, située à une trentaine de minutes de route. La route est magnifique, dominée par deux monts, la  Peña de la Busta et le Pico San Vincente. 

 

Malheureusement, les photos sont interdites à l’intérieur des grottes – mais heureusement pour la préservation des dessins – donc ce sera sans photo. 

Après avoir passé la porte métallique de la grotte, nous sommes immédiatement plongés dans l’ambiance fraîche et humide de cet antre préhistorique (il fait plus de 30° dehors). Très vite, les biches, caractéristiques des peintures de cette grotte, prennent vie sous la torche de notre guide. Ces dessins remontent à 20 000 ou 25 000 ans. Covalanas, à la différence d’autres grottes, n’a jamais été habitée. Les hommes préhistoriques résidaient non loin de là, dans une cavité située en dessous de la grotte nommée El Mirón. Ce site ne se visite pas, mais aurait été utilisé durant environ 45 000 ans. La grotte de Covalanas était donc uniquement consacrée à l’art pariétal. Pourquoi ? La raison nous échappe largement. Les animaux ici se caractérisent par la présence de trois éléments : un cou élancé, un museau effilé, et deux oreilles pointues bien dressées. La course des animaux est rendue par l’alignement des sabots dans les jambes des animaux, et par leurs contours uniquement réalisés en pointillés. Pour marquer le mouvement pas ou peu de traits continus. Seul le contour des animaux est dessiné à l’aide de pigments rouges obtenus par l’oxyde de fer trouvé sur place et pilés finement. On n’a retrouvé aucune peinture dans cette grotte. Pour réaliser ces dessins, les hommes préhistoriques ont dû s’éclairer en faisant brûler de la graisse, ou de la moelle, animale dans de petites lampes. 

 

 

Très intéressant et touchant, on voit nettement sur l’un des dessins que l’artiste s’est repris, et a corrigé la courbe de la poitrine d’un des animaux. A côté de ces représentations, on trouve aussi quelques figures géométriques dont on ne s’explique pas la signification. Il semble cependant que les gros rectangles rouges marquent un point final à une suite de dessins. 

 

Après cette première visite, direction une deuxième grotte, El Castillo, située à une petite heure de route. Là, les animaux se font moins nombreux, mais plus variés. On trouve des bisons, des aurochs… seuls leurs contours sont ici encore dessinés, mais au charbon cette fois. 

Particularité de cette grotte : les très nombreuses mains réalisées au pochoir. Leurs tailles différentes laissent penser qu’il s’agit de mains d’hommes, de femmes, et même d’enfants, ou que le pochoir a été réalisé à partir d’une main aux doigts plus ou moins repliés sur eux-mêmes. 

 

 

Autre particularité : la présence de figures géométriques, en particulier un long alignement de points – certains réalisés directement avec les doigts, d’autres à l’aide de pochoirs. 

Les spécialistes estiment qu’en tout premier lieu, les hommes préhistoriques ont réalisé les points, puis sont apparues les représentations de mains, avant celles, plus tardives, de figures d’animaux. 

 

Nous avons consacré la fin de l’après-midi à la visite d’une troisième grotte, située à quelques centaines de mètres de la précédente, Las Monedas. Ici la visite est davantage orientée sur les caractéristiques géologiques de la grotte. Mais à la fin du parcours prendront vie sous la torche du guide chevaux, aurochs, et un très touchant renard. Les hommes préhistoriques ont utilisé la forme et les saillies de la roche pour donner du volume à leurs représentations animales. 

 

 

Mais ce qui est notable ici, c’est la représentation de rennes, animal lié à un climat froid. Leur présence atteste donc que la zone de glaciation est descendue jusqu’au nord de l’Espagne, c’est-à-dire plus bas que ce que l’on s’imagine communément. 

De retour à l’auberge, nous dînerons sur place d’un bon repas à base de produits locaux. 

 

Grotte d’Altamira et de Tito Bustillo

 

La matinée sera consacrée à la visite tant attendue, celle de la grotte d’Altamira, à elle seule la raison de ce voyage. 

Après un solide petit-déjeuner, nous nous mettons donc en route. Evidemment, nous ne sommes pas seuls. Mais ici, nul besoin de limiter le nombre de visiteurs pour des raisons de conservation, puisqu’il ne s’agit pas de la grotte originale, mais d’une réplique. Notons quand même que quelques bienheureux, tirés au sort, ont la chance chaque semaine de pouvoir visiter la grotte originale. 

 

 

Notre visite commence dans un musée où sont affichés nombre de panneaux explicatifs bien faits. On peut y trouver des informations sur la vie à l’époque d’Altamira, sur l’évolution du genre humain, sur les premières formes d’art… La visite se poursuit dans la « néogrotte » qui reconstitue des scénettes de la vie quotidienne au temps de la préhistoire, ou encore un site de fouille archéologique. Mais le clou de la visite consiste dans le plafond de polychromes qui est la reconstitution du plafond de la grotte originale d’Altamira, et sur lequel on peut admirer bisons, biches, chevaux et nombreuses mains. 

 

 

Je dois bien avouer que cette visite m’a un peu laissée sur ma faim. Je m’attendais à une visite de type de celle de la grotte de Lascaux, reconstituée à l’identique par rapport à l’originale. Ici, seul le plafond est reconstitué. Donc à aucun moment je ne me suis sentie comme dans une grotte. Si les peintures sont incontestablement magnifiques, la magie n’a pas vraiment opéré, et l’émotion qui va avec non plus. 

 

Dernière visite à notre programme, la grotte de Tito Bustillo. Nous reprenons la voiture pour une heure de route. Là encore, les visites se font en petits groupes. Avant de partir, j’avais pris soin de réserver toutes nos visites sur Internet. Bien m’en a pris, car sur place, les sites affichaient presque toujours complet (sauf à Altamira, où il n’y a pas vraiment de limitation du nombre de visiteurs par jour, puisqu’il ne s’agit pas d’une vraie grotte)

Comme celle de Las Monedas, la visite de la grotte de Tito Bustillo est surtout orientée autour de la géologie particulière et magnifique du site. Ce n’est qu’à la toute fin du parcours qu’apparaissent quelques représentations de chevaux, cette fois entièrement peints en noir et rouge principalement. Mais le plus surprenant est la représentation d’un cheval violet, couleur assez rare dans les peintures préhistoriques. 

 

 

C’est ici que s’achève notre petite escapade. Nous n’avons plus qu’à retourner à Bilbao rendre la voiture et nous envoler pour Paris. 

 

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(Sources photo : https://cuevas.culturadecantabria.com et http://www.centrotitobustillo.com)