Jour 1
C’est décidé, nous allons profiter d’un de ces premiers week-end de beau temps pour nous échapper de Paris. Nos souhaits : ne pas rouler trop longtemps, nous promener sans contrainte au milieu de beaux paysages, et, cerise sur le gâteau, en profiter pour observer des animaux dans leur milieu naturel. Très vite, la Côte d’Opale s’impose comme la destination idéale qui va nous permettre de réunir tous nos critères.
Nous chargeons la voiture, une veste de pluie (on ne sait jamais !), une paire de chaussures de marche, et nous voilà prêts !
Tôt ce matin, nous nous mettons donc en route direction Boulogne sur Mer, que nous atteignons en fin de matinée. Nous ne nous arrêtons pas et bifurquons immédiatement pour une première balade.
Balade dans la Réserve Naturelle Nationale des Étangs du Romelaëre
La réserve se trouve à une cinquantaine de km de Boulogne-sur-Mer, à l’intérieur des terres. L’accès se fait par la petite ville de Clairmarais.
La visite commence à la « Grange nature », juste après le parking. Plusieurs types d’activités sont proposées, qui s’adressent autant aux adultes qu’aux familles avec enfants.
Pour connaître le calendrier des activités et animations, je ne peux que vous conseiller de consulter le site Internet de la réserve : https://eden62.fr/
Mais c’est surtout à cette Grange que débutent plusieurs sentiers de balades, très bien balisés, et parsemés de panneaux explicatifs et instructifs, de longueur et de durée variées.

Mais aucune balade n’est difficile, et l’on évolue la plupart du temps sur des chemins de caillebotis, ou sur de petits chemins herbeux.

Le long des sentiers, de petits canaux et des marais.

Mais aussi, selon la balade choisie, des maraîchers, avec des plantations de choux.

L’un des sentiers conduit à un « observatoire », en fait une cache où l’on peut à loisir observer et photographier les nombreux oiseaux qui s’abattent en bord de l’eau sous les yeux des visiteurs. Pensez à vous munir d’une bonne paire de jumelles.
A noter, un élément original vient pimenter plusieurs des balades : une (très) courte traversée d’un canal en « bac à chaînes ». Qu’est-ce qu’un bac à chaînes, êtes-vous en train de vous demander ? C’est une petite embarcation très simple, que l’on active, en tirant sur une chaîne, d’où son nom. C’est facile, rapide, et surtout très ludique. On ne connaissait pas et on a adoré !
Selon la ou les balade(s) sélectionnée(s), on peut passer une journée sur place, ou seulement deux heures.
Il est alors temps pour nous de rejoindre la côte. On fait un arrêt dans la mignonne petite ville de Wimereux, au nord de Boulogne-sur-Mer. On se balade sur la digue le long de la mer, bordée par des cabines de plage blanches et bleues au charme désuet.

Chacune porte un nom différent.

On peut les utiliser pour se changer avant et après la baignade, ou pour y ranger du matériel de plage.
C’est tout à côté, sur la dune de la Slack, que nous finissons la journée pour assister au coucher de soleil. La mer est à marée basse, nous pouvons marcher longuement sur le sable dur et mouillé gagné sur la mer.

Tout à côté, l’on voit le fort d’Ambleteuse. Nous y reviendrons demain. Pour cette soirée, nous préférons nous consacrer aux dunes.
En fait, cette balade fait traverser des paysages assez différents, et, pour ma part, inattendus quand on parle de dunes : du sable, bien sûr,

mais aussi des zones humides marécageuses

et des passages à travers des pins qui évoquent un peu les landes.

Ici, comme souvent, les dunes sont fragiles et protégées, et l’on ne se promène pas où l’on veut. Le promeneur est tenu de rester sur les chemins, bien délimités – impossible de se perdre – qui, depuis le parking sud, aboutissent à la plage. Ici, comme souvent, on aperçoit quelques-uns des blockhaus qui parsèment la côte.

On longe alors le bord de la mer, avant d’emprunter un petit raidillon de sable, ou, au choix, avant de contourner la falaise sur des rochers, pour retourner au parking. C’est une balade facile et très agréable, qui prend environ 2 heures (mais il y a possibilité de couper en empruntant le raidillon de sable à la fin de la balade). Les oiseaux, ou plutôt leur chant, nous accompagnent une bonne partie du trajet.
Jour 2
Cette journée sera consacrée à la visite des deux Caps.
Nous commençons la journée en nous rendant en début de matinée au Cap Blanc Nez, car la marée est y est basse en ce début de journée.

Attention, il faut bien prendre soin de vérifier sur Internet (ou ailleurs) les horaires des marées. Cette balade doit impérativement se faire à marée basse, au risque de rester coincé par les eaux contre la falaise. Si les horaires de marée ne vous sont pas favorables, il vaut mieux inverser les visites de la journée, et commencer par Cap Gris Nez.
Après nous être garés au parking à Escalles, nous empruntons un chemin qui nous conduit bien vite à la plage. Ensuite, il suffit de longer la plage : à notre droite, la falaise calcaire où viennent nicher des colonies d’oiseaux,

et sur la gauche, le bleu de la mer et l’horizon à perte de vue.

Les côtes anglaises ne sont aujourd’hui pas visibles. Quelques pêcheurs relèvent leurs lignes : ils sont tout sourire, les prises sont là, principalement du bar, du flet et du carrelet. Une petite pluie fine intermittente nous accompagne, mais rien de grave. Nous continuons à marcher jusqu’à trouver un endroit où remonter dans les terres. Nous repérons le départ d’une petite route au niveau de l’alignement des pieux de bois « brise vagues », en face de quelques habitations. Nous commençons à remonter cette petite route et nous tournons immédiatement à droite, et marchons jusqu’au calvaire de Sangatte. Nous quittons alors la route pour nous enfoncer dans un chemin qui part à travers les terres, et nous ramènera au parking. Nous avons mis environ 3 heures pour faire cette balade, battus par le vent de la mer.
Nous reprenons ensuite la voiture pour nous arrêter quelques kilomètres plus bas vers Wissant, plus précisément à la Motte du Bourg. Même si les dunes ne sont pas loin, c’est à l’observation des oiseaux que nous allons conserver ce début d’après-midi.
On pose la voiture et on se lance sur le sentier du Fartz : ce sentier serpente au milieu de vastes zones humides.

Plusieurs observations ou caches sont dispersées tout autour du circuit. Je regrette vraiment d’avoir oublié mes jumelles. A l’œil nu, il est difficile d’apercevoir les nombreux oiseaux, et surtout, de distinguer les différentes espèces. Et pourtant, elles sont nombreuses sur place, comme les panneaux indicatifs des différentes caches le montrent. L’un des sentiers nous conduit sur une plage, derrière la dune d’Aval. Il s’agit ici d’une dune dite « flamande », caractérisée par un unique cordon dunaire, étroit et orienté parallèlement au vent. Ce type de dunes se distingue des dunes dites « picardes » qui, elles, se développent perpendiculairement au vent, et davantage à l’intérieur des terres.

Nous en profitons pour longer le front de mer à Wissant.
Des kitesurfeurs, aérotractés par leur voile, filent à toute allure sur l’eau, emmenées par le vent. A côté, des véliplanchistes d’un nouveau genre ne sont pas en reste. Ils portent dans leurs mains leur voile qui n’est plus fixée à leur planche. Et cette planche est équipée d’un foil qui les font littéralement décoller au-dessus des eaux.
Je passe un bon moment à admirer les prouesses de ces sportifs.
Cette balade est elle aussi facile, et nous aura pris environ 2 heures, temps d’observation de ces sportifs compris.
Avant de finir la journée au Cap Gris Nez, nous nous arrêtons un moment à Ambleteuse, pour voir le fort Vauban. On est à nouveau à marée basse, l’eau est encore loin, mais à marée haute, la mer vient l’encercler complètement. Il ne se visite pas à l’intérieur, on se contente donc de l’admirer de l’extérieur.

Avant de rentrer, nous poussons jusqu’au Cap Gris Nez où nous reviendrons demain. La marée est encore trop haute pour envisager de descendre sur la plage. Nous devons donc nous contenter d’une courte marche jusqu’aux différents points d’observation. Nous sommes battus par les vents, et le bruit des vagues accompagnent nos pas. J’espère secrètement – enfin, pas si secrètement que cela – apercevoir tout de même un ou deux phoques gris ou veaux de mer. Mais aucun ne pointe le bout de son nez. Pourtant, le site est réputé pour accueillir fréquemment des phoques qui viennent se nourrir le long des côtes ou se reposer au pied des falaises.
Peut-être aurons-nous plus de chance demain ?
Jour 3
C’est notre dernière journée, que nous comptons bien en profiter pour nous balader une dernière fois en bord de mer.
Direction le Cap Gris Nez, où la marée est basse ce matin. Sur le parking, un panneau invite à une balade qui longe la mer avant de rejoindre le parking par les terres. Pour notre part, nous préférons rester entièrement en bord de mer, et nous optons pour cette promenade des douaniers, mais en aller-retour sur la plage. Il fait beau, le soleil est de la partie, la lumière toujours aussi belle.
Mais avant de descendre sur la plage, nous retournons aux différents points d’observation de la veille.

Et oui, nous les apercevons. Un phoque, puis deux, puis trois. Une petite tête sort de l’eau, et replonge bien vite, avant de réapparaître quelques minutes plus tard. Visiblement, mes petits amis sont bien occupés à pêcher. Mais malheureusement, il me faut me contenter de les observer de loin, impossible de descendre sur la plage, ou plutôt sur les gros rochers, à ce niveau.
Nous nous dirigeons donc vers le sentier des douaniers dans l’espoir de les retrouver sur la plage.

Nous foulons un bon moment le sable dur et mouillé. Nous sommes bien contents d’avoir chaussé nos chaussures de marche au moment de devoir traverser les petits cours d’eau. Ce matin, la vue est dégagée, nous percevons les côtes anglaises, Douvres et ses falaises sans doute. Au loin, le trafic des gros bateaux bat son plein. Transporteurs divers, ferries et surtout énormes bateaux de pêche. Tout près de nous, des plantations à perte de vue ou presque de gros pieux de bois sur lesquels des moules d’élevage viennent s’accrocher pour se développer.

Plus loin, les restes d’une épave donnent un petit air encore plus romantique à la plage. Et quelques pêcheurs lancent leurs longues lignes, dans l’espoir d’attraper du bar, ou des carrelets. Mais ils se désolent de la présence au large des gros bateaux de pêche et de leurs énormes filets qui ratissent les fonds marins et diminuent d’autant leurs chances d’attraper du poisson. La conversation dérive vite sur le Brexit et ses conséquences sur l’activité économique de la région. Après quelques minutes, nous quittons ces pêcheurs et reprenons notre marche. Ici, pas de falaise où nichent les oiseaux, personne pour se baigner non plus, l’eau est bien trop froide, et malheureusement, pas de phoque pour se prélasser sur la plage. Tant pis ! Mais la balade est très agréable, les vues magnifiques et la lumière unique.
Le temps passe malheureusement trop vite. Je serais bien restée plus longtemps, mais l’heure avance et nous devons retourner à la voiture pour prendre le chemin de la maison. Demain, retour au travail pour nous !